c’était l’automne on n’avait pas pensé à la lumière

la lumière nous lâchait on était réduit à l’état de petites coques rassemblées

la terre réverbérait l’humus et la fougère

au bout du bois

j’avance sans savoir

la lumière a filé, sous les feuilles en tornade, mêlées de glaise

s’infiltre sans savoir

réduite à sa plus faible intensité

il fait déjà nuit

la terre est mouillée

détrempée même

la terre boueuse se dérobe sous le poids des déambulations

on retarde le moment

de savoir

je ne sais rien

et le chemin sous le bois nous conduit plus loin, où le temps poursuit la lumière en fuite, détale

et c’est la nuit depuis le matin

la nuit du bois, humide et douce,

l’univers poreux des amas de feuilles et d’herbes

je suis le chemin sans savoir

au loin le lac

au loin le soir qui vient

il suffit de suivre le chemin

je me détourne

on oublie la lumière, la pulsation marécageuse des arbres au bout du bois, des touffes de feuilles sur l’eau

la nuit descend sur les contes, les elfes et les clochettes

le bois se referme sur nous

on a encore le temps

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et même, ce qu’on entend nous déchire, et même, on n’entend rien, ce n’est pas cela, ce que personne ne peut dire, ne nous dit, la voix de chair en nous s’effondre à jamais et même, la petite fille renaît, plus rien, plus rien ne comptera, inventer les remous, inventer les forêts, le trésor sous le lit, et la nuit et le jour chaque fois recommencés, ce n’est rien d’autre, notre mer à jamais, notre terre collée au ciel, la place indécise de la langue, on ne dira rien, on ne sait rien, on est ailleurs, et même, l’écureuil a toujours rassemblé ses noisettes, préparer l’hiver, depuis le grand livre des singes et la cigogne partie pour Marrakech, Cécile a répondu du sureau fendu en deux, par leur faute, par leur volonté, le sureau et la balançoire, elles étaient trois Cécile et même, les grains de sureaux concassés dans la poterie d’en-bas c’était le vin pour tous les invités.