Vous étiez un monde, l’univers organisé retient ses parts et prévient la déroute, vous étiez plus que cela, le cosmos porté par les espaces illimités autour et, dedans, l’orfèvre a fait tenir ensemble, dentelle fragile et vive, les morceaux d’être et de jour, les horizons et l’intention, le sentiment et le goût, vous étiez ensemble tout cela parti voguer sur l’infini des mers après la voie lactée ; et soudain vous n’étiez plus, soudain, depuis toujours, quand est-ce que cela commençait –soudain la tectonique des plaques, le glissement de terrain, de toutes les terres intérieures, vers l’extérieur aussi, de l’un vers l’autre et retour, sans cesse recommencé, un tout petit vent, un mot, un air, et ça ne tenait plus, plus rien, comme si jamais rien n’avait fait corps, ou lien, comme si tenir la masse ensemble relevait du miracle, ou de l’hérésie, comme si rien n’avait eu à voir, les formes, les sens, le son, un corps troué, le contour préservé, le territoire sauf, en apparence –mais rien, comme si rien, des bouts de rien, de soi, et d’autres, qui avaient tenté agglutinés, de faire bloc, en hiver –et pourtant.

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