Mon enfant, que dis-tu ? ton air enchante l’espace des marais et tu avances, tu avances sans écouter ta peine,

ta peine immense irrigue les vaisseaux de l’intérieur sous le diaphragme, tu l’ignores et constante, sans respirer, en suspens, tu avances et tu avances

tes pas de souriceau tu es grande

et petite en boule au pied de la montagne

souple, tendre, tu n’entends pas ce qu’impose le silence, durcir, endurcir

Non de ton cœur plein d’eau et de sources tu affrontes sans savoir l’étendue colossale

Colossale

tu parviens et tu gravis, sans souffle, sans mot, la pente abrupte, quelque chose là-haut doit exister

que nous ignorons tous, et toi tu sais peut-être, quelque chose doit exister comme une issue, comme l’air des autres, l’air d’orient plat et clair où tu verras la ville grandir avec toi, la terre des autres qui devient tienne et qui t’enchante et qui tresse ses ramifications hors du temps, tu supposes de ta main en visière sur le front pur, tu supposes que les ruisseaux là-bas s’écoulent et que les animaux du désert parviennent à se désaltérer, demain déjà, que rien ne peut arriver aux êtres assoiffés, les fruits des arbres se déposent sur les mains à peine tendues et tu respires, l’espoir, à toi.

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