c’était l’automne on n’avait pas pensé à la lumière

la lumière nous lâchait on était réduit à l’état de petites coques rassemblées

la terre réverbérait l’humus et la fougère

au bout du bois

j’avance sans savoir

la lumière a filé, sous les feuilles en tornade, mêlées de glaise

s’infiltre sans savoir

réduite à sa plus faible intensité

il fait déjà nuit

la terre est mouillée

détrempée même

la terre boueuse se dérobe sous le poids des déambulations

on retarde le moment

de savoir

je ne sais rien

et le chemin sous le bois nous conduit plus loin, où le temps poursuit la lumière en fuite, détale

et c’est la nuit depuis le matin

la nuit du bois, humide et douce,

l’univers poreux des amas de feuilles et d’herbes

je suis le chemin sans savoir

au loin le lac

au loin le soir qui vient

il suffit de suivre le chemin

je me détourne

on oublie la lumière, la pulsation marécageuse des arbres au bout du bois, des touffes de feuilles sur l’eau

la nuit descend sur les contes, les elfes et les clochettes

le bois se referme sur nous

on a encore le temps

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