Imagine que tu aimes les baleines, les glaces lointaines ou le pied qui tapote l’eau, imagine ces jours où chaque idée valait l’or du monde et d’ailleurs et d’ailleurs chaque idée était l’or et ruée vers l’horizon, les miettes qu’on ordonnait en souris bleues et les brins de tout que l’on brandissait pour l’éternelle royauté.

Imagine cette course libre et ces à pics sans peur, grimper, descendre, sauter, les ailes que l’on compose de tous les morceaux de chez nous, dedans, dehors, ici ou là, cela n’est rien, le matériau prometteur irrigue les ruisseaux et les plaines.

Imagine si tu l’aimes ce temps de la danse et du cœur au bout du bras.

Imagine qu’un bandeau noir sur les yeux, t’aveugle, et plus jamais. Un Orphée médusé qui ne se retourne pas –un jour où Eurydice n’existait pas.

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Je ne raconte pas d’histoires ou bien elle s’infiltre dans tous mes mots, sans me demander, sans me suivre, elle démarre avec le mot et elle tisse le fil

les sons disent l’image et le temps court, on va rapide au ruisseau, à ses algues brunes, on remonte la pente et là le glacier, la source du fleuve énorme et grondant qui se précipite au delta.