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le bout de la langue

J’avais en feu de dire, la langue déposait au regard, pansait

 

 

faire la lumière sur le passé, pensait porter le son à l’horizon, pensait dérouler l’instant vers la durée fragile

qui court la rue des villes, qui court le chemin de terre, s’épanche sur l’eau,

 

porte la veine

le trèfle des jours bénis

timbre cristal

qui transmue la peine

qui dessine les courbes

serpente et s’arrondit

 

bulle d’air porte en elle le monument, les flocons de neige sur la

Tour

Eiffel

sur la Seine

bulle du bout de ma langue pour enrober les mots d’enfance

les mots du bout de ma langue

aiment

 

qui ne voulaient dire

qui n’avaient à dire

 

prend la peine en charge

se leste du chagrin

la brûlure passera peut-être

par la langue au bout du désir

carte tendre et tiède

 

/le chagrin d’être comme la joie intime d’être comme l’espoir que dure l’instant comme la peine de ne rien ancrer au corps de terre et de chair et de peau/

 

éther commun aux hommes

décompte de bribes

tombées d’en-haut,

le suc recueilli de la pointe

posée là

juste

 

la langue des autres au bout, rassemblée en point de mire.

 

(en exposition à Auverais, salon du livre 2017)

 

 

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Il y a un soir, il y a un matin

http://www.cequireste.fr/y-a-soir-y-a-matin/

CE QUI RESTE / teaser

CE QUI RESTE / exposition cet automne

(Notre pain quotidien) *public averti
Ce qui reste
Le 30 octobre 2017

https://www.facebook.com/plugins/video.php?href=https%3A%2F%2Fwww.facebook.com%2F1504535863206007%2Fvideos%2F1916681855324737%2F&show_text=0&width=560

grmthr (2) (ancien)

 

 

sans cesse les mêmes gestes. Passé à nettoyer. Même l’école que j’aimais tant, où je me goinfrais de ces champs s’étirant désormais , champs des histoires frémissantes, des explications, savoir des choses, toujours davantage, l’une entraînant la nouvelle, les questions, les réponses toutes neuves ; même l’école je dus l’abandonner, à peine après ma courte visite, furtive, de voleuse. Il fallait retourner aux saletés, besoin de mains et de ma force. Faire face à la fatigue continuelle. Mon père était mort cet hiver, nous laissant abasourdis.

Il fallait réorganiser la garde, la lutte contre le froid et la course du petit matin.

 

Il n’y avait pas d’égard pour l’enfance –presque pas. Le respect mais on n’avait pas à se plaindre, il ne le fallait pas. Tout petit accomplir l’ouvrage des grands, souvent, être responsable des autres. Se rendre utile. Ravaler sa peur, frousse de tout. Une vraie froussarde. Affrontement quotidien sur les chemins coutumiers, brouhaha des arbres et grincement du vent, bandits par milliers en diligence guettant, voleurs de petits chemins, dévoreurs d’enfants, et puis la faiblesse des femmes. On m’avait appris qu’une femme risque gros à naître ; ils voudront tous sa peau, sa chair, et s’ils peuvent, l’écrabouiller. Souvent je grelottais, je me paralysais, j’en crevais.

 

Les moments rudes. Nous nous aimions. Mais parfois cela cédait un peu. Une faille. Ma mère et les huit frères et sœurs. J’étais jolie, moi, dit-on. Je ne me regardais pas –où m’y serais-je compromise ? –mais je le croyais bien. J’avais de beaux cheveux noirs qui attrapent le jour, soyeux, les yeux noir-éclair, ma silhouette rythmée, déterminée, cet air je crois, de liberté. Les petits garçons aimaient courir avec moi, je devais être un peu des leurs. Mais je savais qu’on ne m’attraperait pas. Je serais cette fille brune, légère et rieuse. Personne ne m’obligerait. Alors je sentais un peu que les uns et les autres, nous n’étions pas de la même trempe. Que certains, plus frileux, moins d’éclair, moins de danse, s’étiolaient. La vie de ce village, peut-être, sans chemin de traverse, sans voie nouvelle ou chance impromptue. Le travail de chaque jour, éreintant, n’être qu’homme à faire, toujours le même. Le regard, alors, que l’un portait sur l’autre, et ainsi de suite en une longue chaîne : pas d’échappatoire. Alors tous n’attrapant pas, peut-être, la même lumière, le même amour, le même regard couvrant ; se sentant mal compris, esseulés, décalés. La rancœur naissait.

Et de la rancœur les rivalités, les jalousies. Parfois cela se produisait entre gens du village, entre familles voisines. Parfois entre un frère et une sœur, très serrés, qui n’avaient pas eu assez d’espace pour être sans égratigner l’autre, sourdement, sans relâche. Parfois cela s’appelait de la haine. Et cela expliquait un peu, je crois, ce qui arriva après, beaucoup plus tard. La guerre civile même à l’intérieur des familles.

 

 

Un jour je dus partir. Il n’y avait pas ici de quoi vivre pour nous tous. Il fallait partir seule, loin, à 12 ans. J’allais traverser les montagnes pour atterrir à la ville.

 

 

Je dus pleurer longtemps, seule le soir, terrifiée dans le noir. Je devais laisser tout cela, mon monde un peu chaud. Je ne m’étais pas plainte je n’avais pas exigé mieux, je n’avais pas même songé –pas souvent, presque pas- à des réclamations. Je ne savais pas bien ce que devrait être une vie meilleure, ou une vie aimable. Moi je vivais là, j’avais des champs à surveiller, des chemins à parcourir, aller-retour, des marmites à voir bouillir, mes frères et sœurs à qui parler.

 

Tous les jours nous avions le matin clair, le sifflotement, la chansonnette, le mouvement des jambes et des bras. S’il faisait trop froid nous tentions de nous faire rire. Le soir nous pouvions, même tard, tant pis, nous coucher, serrés les uns contre les autres, très au chaud dans la maison toute froide. Ma mère disait que c’était « Le ciel des pauvres ». On se glissait, entortillés de froid, contractés et grelottants, on se disait qu’il ne fallait plus guetter, que le monde nous attendrait jusqu’à demain. On n’avait plus qu’à dormir. Ou bien, les jours fastes, rompus de la tâche de la journée, rassérénés par le bouillon et la tiédeur du soir, on pouvait s’étirer, aspirer le dernier air du jour, se dire qu’on avait bien mérité : le ciel des pauvres. A peine glissée, enfilée contre mes sœurs, blottie au ciel de notre matelas épais, je m’endormais.

 

Moi je ne savais pas ce qu’il y avait d’autre au monde. Je savais obscurément, si, que partout ailleurs cela grouillait. Souvent on nous avait raconté la ville. J’imaginais seulement tout au bout derrière les montagnes, davantage d’herbes et des moutons, des gens, innombrables, qui ne cessaient de parler, des jours de Noël plus souvent, le petit matin plus doux à cause des poêles. Plus de lumière, bien sûr, et de maisons. Comme mon village en décuplé. Je crois que je n’imaginais pas que cela fût si lointain, si étrange, tout à fait autre. Et je n’avais pas réclamé, je crois bien, d’aller voir de plus près ce grand monde. J’aimais bien, encore, la petite taille, ronde, des choses d’ici.

 

Pourtant j’étais, dit-on, très curieuse. Je voulais tout voir et tout savoir. Pas un mot de la journée ne m’échappait, pas une parole de nos chansons, pas une raison de rire. Et quand c’était très drôle, je pouvais me souvenir, rire à nouveau, aux larmes, raconter. J’étais rapide comme l’éclair quand il fallait repriser le soir, mettre et débarrasser la table, appeler du secours quand il y avait un malade. Je n’oubliais jamais d’être inquiète, au plus vite, d’ébranler l’air alentour s’il semblait engourdi. Mais à chaque fois qu’il le fallait, je savais bien puiser dans mes chansons, laisser le soir descendre et le jour d’après décider de la suite.

 

Alors, si, j’avais rêvé aussi de voir le reste. Mais cela se mélangeait. Impossible de démêler entre les fables et les témoignages, toutes les histoires du passé, que l’on disait inlassablement chez nous, et ces autres endroits du monde éclairés en même temps que moi.

 

On m’apprit que je serais bonne dans cette ville. Moi si petite, douze ans à peine, je serais au service des autres, je prodiguerais des soins à d’autres familles, d’autres être que je n’aimais pas, d’autres tablées que je jugerais épaisses, peut-être, dans leur étoffe bourgeoise –un mot qui n’était pas à moi. Surtout, m’occuper d’enfants plus grands que moi –ce que je compris après. Surtout, être loin de mon joli monde impitoyable, sans mes aimés, sans mes chemins, dans la ville grouillante. Je me sentais trahie. Et je me mis en route.

 

Sur le chemin je pus tout voir et tout entendre. Je faisais le compte, scrupuleusement, de ceux que je connaissais, voisin croisé au début, chèvre errante, racine distinguée lors d’un jeu. Je ne savais pas vraiment ce que pouvait signifier ne plus voir, ne plus toucher. Je sentais juste qu’il fallait noter et compter, à l’intérieur. Je ne savais pas non plus ce qu’on appelait un deuil, celui que j’aurais à faire, pour toute ma vie, de ma montagne. J’avais perdu mon père, j’allais perdre ma mère. Je connaissais cette peine. Mais je ne concevais pas l’éloignement, l’abandon d’un lieu, la nostalgie. Le chemin m’indiquait, peu à peu, que quelque chose s’était épuisé, tari.

 

Il fallait marcher, grimper, forcer, pousser. La route était immense, mon errance aussi. Je marchais et j’éprouvais cet entre-deux, sans couleur, mi-espoir mi-douleur. La crainte qui taraude. J’aimais ce que je laissais. Et je voulais connaître la suite. J’avais une peur bleue du sort qui m’attendait, la dureté des gens de là-bas, le mépris pour la petite paysanne bonne d’enfants, la licence des grandes villes, la faim et la fatigue comme lot quotidien. La tâche elle-même, heureusement, donnait du fil à retordre. Il me faudrait dormir seule, dans la nuit, couchée sur la terre, blottie, petite bête pressée par la fortune. J’avais de quoi manger quelque temps. Je tremblais déjà de faim. Mais pour l’heure, il fallait lutter contre la peur d’avancer. De chaque côté du chemin ces épais fourrés, tantôt habités, tantôt hostiles. Je me demandais sans cesse ce qui devait surgir, bondir prêt à m’emporter, à quel esprit du coin je serais offerte en pâture. Je voyais des traces partout, des pas, des traînées. La terre grattée par endroits, des feuilles amoncelées d’un autre côté. Moi qui connaissais les bêtes, petite fille des vaches et des cochons, j’imaginais avec terreur le passage d’un sanglier, la présence inéluctable du loup. A midi sous les coups du soleil, je croyais entendre le souffle concupiscent des vautours ou des aigles. Je me prenais pour une souris qui bat la campagne. Et quand la nuit approchait c’étaient les hululements, croassements et rugissements sourds des animaux du soir. Je voulais courir dans l’autre sens, déguerpir à reculons, filer sur mon village déjà loin, me blottir contre de plus grands corps –un grand frère- et qu’on n’en parle plus.

De toute façon je prenais des forces pour la suite. J’aspirais cet air-là, comme celui de la maison, familier.

 

 

on est rescapé

de quelque chose

on est de bosses

et creux

 

on est fils de la pluie,

de ce qui tonne

de ce qui gronde

on est frêle on est

vivant,

bel et bien,

 

mais

fêlé dedans

mais

poussé jusqu’au bout du bord

mais

acculé parfois jusqu’au feu

mais

troué par le coup porté

par la mort

pointée

sur votre tout petit museau d’enfant

incidemment, par erreur, par folie, par hasard

 

on a rendu (et la musique du monde),

le corps poreux plus que de raison

l’âme ouverte

le cœur sensible

aux vibrations des autres

 

et pourtant

vivant plus qu’un autre

 

on est filles de la tempête qui s’abat, filles déplacées sur le bord des choses, sur le ventre de la terre, sur le pli de leur peau

friable

fragiles

salées

tenaces à vivre

à sentir

la douceur du vent

et plaquée

la bouche

ne dit

pas grand chose

 

elle enserre

dissout

les dents

enchâssées

sur l’ineffable ont moulu
le vent

 

ont sifflé leur pavane
retenu
le chagrin

sans arme ont broyé
le
jais

 

ont mué en violettes
en campanules
en jonquilles
en pois de senteur

 

la morsure

et plaquée

la bouche

ne dit

pas grand chose

 

elle enserre

dissout

les dents

enchâssées

sur l’ineffable ont moulu
le vent

 

ont sifflé leur pavane
retenu
le chagrin
sans arme ont broyé
le
jais

 

ont mué en violettes
en campanules
en jonquilles
en pois de senteur

 

la morsure

je n’étais qu’une enfant, infime part d’être déjà intégralement disposée à vivre, fraîche et vif-argent, la vivaracha, nette et claire,

l’aile, large, épaisse, poisseuse

abattue sur le visage, plaque la bouche, à l’asphyxie, à la mort impensable, coud la bouche et sidére

le silence est de glace

les petites plumes ont pris feu

les parois de l’être sur le coup, ont figé le sang

j’ai bu foisonnant, le citron, l’orange et la pastèque

je n’étais qu’une enfant, je serai toujours, l’enfant de la mer et des arbres, rejeton des grandes villes, celle-là des deux mondes, garde en moi, de la peur et de la foi, vibrante, rythmée de musique organique et d’éveil lunaire, s’élevant pour un rien, poids plume, éther,  prompte à l’envol, soyeuse, et parfois le rebond, devant le ventre des mondes, la paroi dure des pays imperméables, en chute-et-marche, ne reste pas là, pétrifiée par leur absence, jambe et cou, avise, perçois, contemple et marche, avance toujours et puis glace, le silence fut trop lourd, délie la corde des secrets, caresse les ailes,  déploie le coeur déposé sur la pointe des plumes, verre et soie,  emboîte le bris du vent.

  • À flanc de sierra presque, escarpée déjà, la côte frangeuse de sable noirci, le volcan sommeille encore on dirait, ce matin, on dirait qu’il retient son souffle, gardien du temple, garant du bord du bout du continent, chemin de traîne, feule inhérent à cette roche grisée.
  • On y voit rouge et brun,  ocre et rosé, le vent d’Afrique affleure et pourtant, maure la pulsation, alanguie ici, le monde se retient -on dirait qu’il rêve.

Il suffirait de passer le pont à l’aventure. L’île à jamais encercle des bouts du monde, en-dedans renoue les fils d’enfance, au sable fin, au cerf-volant, où les rouleaux tièdes sans cesse viennent et s’en vont.

A l’aventure on passe le pont, et touchant du doigt le vaste continent de terre éperdu on s’égare à gauche, à droite, virevolte toucher fasciné par le carrefour des routes, s’engouffrer sans savoir et le sel au palais.

On fera volte-face aussitôt, encablures et baies gagnées à l’aveugle, le sel vient à manquer et l’envoûtement du vent, le pont vers l’île et l’enfance en soi qui reparaît plus fraîche encore, espiègle, avide d’atteindre innocemment, sans savoir, le bout de terre d’ici ou de là, le tour des vents qui circonviennent et l’on regagne la source, et le puits doux piquant des idées toutes neuves ; et l’on se tient au contact de la douceur première, éternelle, puissante.

Exode

Marche à toute force, pied à pied sentir aux talons la chasse de nous et de vous qui poursuit tenace, marche loin sur la ligne courbe, le chemin pierreux des champs plans puis des monts, traverse ce que tu peux franchis, dépasse, transgresse, exile marche à toute force

la peine porte et puise où tu peux, la tristesse de n’être plus déjà pour toi pour eux, de n’être plus là ni ailleurs, ni avant, ni ensuite, à l’infini de l’horizon comme au lever du jour sur les volutes du massif, ici peut-être et nulle part ; au lever du jour préside, la nuit qui vient aussi, tu deviens ce croisement des forces poussé par la terreur, fuir, plus loin, où tu parviendras sans doute ne sera pas assez, sera juste le temps de reprendre souffle, de vivre mais enfin, où tu parviendras ne sera pas un lieu, ne sera pas un toit, sera l’éphémère étoilé qui te gardera peut-être des vents et des feux

la peur aux trousses de te savoir proscrit, d’avoir été ici chez toi comme les autres, de te savoir poussé loin par les derniers souffles amis, poussé loin sans savoir où, sans connaître le sens, chassé pour avoir été, devenu cette force mouvante qui renaît de chaque pas qui l’épuise, cette force mouvante qui renonce aux contours et au nom, qui se sait muée en l’espoir de pousser plus loin la marche vers au-delà, pied posé plus tard sur la ligne frontalière comme un jeu désarmant, la vanité des raisons et des lignes

la peur du corps chassé, poussé pourtant par l’énergie des arbres au bord du chemin, où le soleil encore ne brûle pas, où l’aurore métamorphose le muret en tremplin informe

la peur du corps chassé pour rien, sans connaître le sens, sans percevoir le cœur du mouvement, d’avoir été tel et là même, sans autre motif, chassé de soi-même en un consentement insensé, le corps parti pour rien, pour survivre à la vie, pour surpasser, pour subvenir, pour emboîter le pas à la marche de l’exil, pour refuser la démence, pour consentir au non sens, pour affirmer la gravité et la faim

parti pour vivre et sans savoir, déplaçant la forme initiale, bousculant le cours,

être d’avoir été, parti vivre enfin

L’eau nous a réunifié, l’eau nous a renforcé et l’air et l’écorce du champ commun, le tressage des feuilles et la souplesse des nuages. Chaque fois que le coeur et le corps ont saisi l’accroche impalpable, chaque fois ils puisèrent au-dedans ils propulsèrent loin et grand, ils virent l’être minuscule, ils surent la subtile balance des membres au temps, la préservation de l’enveloppe, ils trouvèrent secours ils inventèrent l’ère nouvelle.

Chaque fois le jour renaît par le bruissement à l’air, oublie la finitude et le chaos de l’origine. Chaque fois la mer accouche d’une étoile et le corps porte au monde un chant nouveau.

Regard sur l’enfance, lieu des merveilles, eau de source. Pourtant, se désintégrer.

Bombe à retardement plantée là au jour de la naissance, inventée par le ciel, susurre, ne plus exister.

Humer l’air en-dedans la source est sans fonds, la bombe incarnée aux accrocs du chemin, se heurte à l’infini du mouvement, du verbe et des eaux, là où noyée s’étend de blanc, allongée, chevelure de lin soyeux ; retardée chaque fois elle implose et s’ensoufre et reporte à jamais le décompte et penaude, ne donne rien, ravage un peu, presque tout, terrasse au tréfonds, brûle de très loin les flammes émergées, menace la réserve et s’enlise aussi, et s’entasse, et reporte à jamais l’explosion flagrante qui verserait le monde dans le noir éternel, dans la honte d’être et de dire. Parfois explose, implose tout de même et chaque fois, la combustion souffle l’air et le corps, tout remonter.

Des Corps transitoires